La peste en ré-émergence (réf 247)
De 1957 à 2001, 20 900 cas suspects de peste ont été notifiés à Madagascar dont 4473 confirmés ou probables bactériologiques (21,4%). L’évolution de l’incidence nationale est marquée par deux augmentations importantes. La première entre 1985 et 1990 est liée au réveil de la peste dans plusieurs districts, en particulier au Nord dans le massif montagneux du Tsaratanana et dans certains districts des hautes terres centrales (Fianarantsoa, Miarinarivo, Antanifotsy, Faratsiho, Manandriana et Anjozorobe).
Cette recrudescence s’explique en partie par les difficultés socio-économiques
du pays, favorisant les contacts de la population avec les réservoirs et les vecteurs de la peste. La seconde augmentation de 1994 à 1997 est due en partie à l’amélioration du système de surveillance épidémiologique et à la réapparition de la peste dans le port de
Mahajanga.
Depuis 1980, le district d’Ambositra a été le foyer de peste le plus actif, avec de nombreux cas survenant pratiquement chaque année. Si la peste est avant tout rurale, les grands centres urbains ne sont pas épargnés, tels Antananarivo, Mahajanga, Antsirabe et
Fianarantsoa.
La baisse de la létalité et celle de la fréquence des formes pulmonaires confirment l’efficacité des stratégies nationales de lutte basées sur le diagnostic rapide des
premiers cas suspects, leur mise en traitement immédiat à l’aide de la streptomycine, la chimioprophylaxie des sujets contacts et la désinsectisation des habitations.
Répartition des formes cliniques (réf 247)
La forme bubonique de la maladie représente 92,7% des cas bactériologiquement confirmés ou probables.
Il existe un déséquilibre dans le sexe ratio qui est égal à 1,33 en faveur des hommes. La tranche d’âge des jeunes de 5 à 19 ans est significativement sur-représentée par rapport à la population générale pour les cas de peste bubonique, alors que pour la peste pulmonaire ce sont les sujets plus âgés qui sont sur-représentés.
Ces différences de répartition de la fréquence de la maladie selon le sexe et l’âge sont probablement liées à des différences d’exposition au risque et de susceptibilité à l’infection. (réf 258)
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