«1894 : Alexandre Yersin découvre l’agent pathogène de la peste à Hong-Kong, Pasteurella pestis rebaptisé Yersinia pestis en 1974.

1898 : Paul-Louis Simond démontre le rôle de la puce dans la transmission de la peste à Karachi.»

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Généralités sur la peste


Responsable de trois pandémies historiques extrêmement meurtrières, la peste reste dans la mémoire de l’humanité synonyme de fléau particulièrement effroyable. Bien qu’actuellement cantonnée à quelques régions du monde, la peste est de nos jours ré-émergente et son extension possible par les moyens rapides de transport constitue un danger potentiel qui ne doit pas être sous-estimé. Par ailleurs, les craintes actuelles d’un bioterrorisme international redonnent un intérêt majeur aux études sur la peste.

Le cycle général de la peste fait intervenir trois acteurs principaux : le bacille, le rongeur et la puce, l’homme n’étant qu’un acteur accidentel.

La peste, infection bactérienne due à Yersinia pestis, est essentiellement une zoonose des rongeurs, transmissible d’animal à animal, mais parfois aussi à l’homme par piqûre de puces de ces rongeurs. A partir des premiers cas de peste humaine, la contamination inter-humaine peut se faire soit par piqûre de puces d’homme à homme (peste bubonique), soit par voie aérogène (peste pulmonaire).

Le bacille de la peste

Découvert en 1894 par Alexandre Yersin, il fait partie de la famille des Enterobacteriaceae et appartient au genre Yersinia qui comprend 11 espèces dont trois sont pathogènes pour l’homme: Y. pestis, Y. pseudotuberculosis et Y. enterocolitica.

Y. Pestis est un coccobacille à Gram négatif, immobile, non sporulant, présentant parfois une coloration bipolaire mise en évidence par coloration de Wayson ou de Gram. Trois biotypes sont décrits chez Y. pestis (Antiqua, Medievalis et Orientalis). Ils se différencient par leur capacité à réduire les nitrates en nitrites et à fermenter le glycérol. Le biotype Antiqua est essentiellement isolé en Afrique et en Asie centrale, le biotype Medievalis est retrouvé au pourtour de la Mer Caspienne, tandis que le biotype Orientalis, à l’origine de la dernière pandémie, est isolé sur tous les continents. Y. pestis est une des bactéries les plus pathogènes du monde bactérien. Les facteurs responsables de ce pouvoir pathogène exceptionnel ne sont pas bien connus à ce jour.

Les puces

Parmi les 2500 espèces et sous-espèces de puces décrites dans le monde, 31 espèces sont des vecteurs prouvés de la peste. L’espèce Xenopsylla cheopis a joué un rôle prépondérant dans les précédentes pandémies et est considérée comme le vecteur classique de la peste dans le monde.

Cependant d’autres espèces, endémiques ou non, jouent également un rôle vecteur important : X. brasiliensis (Afrique, Inde, Amérique du Sud), X. astia (Indonésie, Asie du Sud Est), X. vexabilis (Iles du Paci?que) et Nosopsyllus fasciatus (répartition mondiale en zone tempérée). Oropsylla montanus (Etats-Unis d’Amérique). A Madagascar, deux espèces sont impliquées dans la transmission de la peste : X. cheopis et Synopsyllus fonquerniei, puce endémique dont le rôle dans le maintien de la peste en milieu rural est essentiel.


Yersinia pestis colorée au Gram


Xenopsylla cheopis bloquée (sang frais dans l'oesophage)


Xenopsylla cheopis non bloquée (sang frais dans l'intestin)


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