La peste reste une des trois maladies quarantenaires à déclaration obligatoire.
Le nouveau règlement sanitaire international de l’Organisation Mondiale de la Santé a quelque peu allégé les exigences de déclaration des cas de peste, mais la plupart des pays ont conservé leur système national de surveillance.
Les foyers naturels résiduels de peste dans le monde se trouvent actuellement en Afrique, en Asie et en Amérique.
Ce sont généralement des régions d’altitude situées entre 700 et 1500 m, des zones semi-désertiques de type savane, steppes ou pampas avec un taux de précipitation annuel faible et une saison sèche très marquée. Dans ces foyers naturels, les cas humains sont relativement rares et concernent les chasseurs ou campeurs au contact des rongeurs sauvages.
Le risque pour l’homme augmente substantiellement lorsque la peste atteint
aussi les populations de rats domestiques, en particulier du genre Rattus. C’est
le cas dans les pays d’Asie et d’Afrique, et bien sûr de Madagascar.
Au cours des 15 dernières années (1987-2001) le nombre de cas de peste déclarés
à l’OMS n’a cessé d’augmenter (total 36 876 cas dont 2847 mortels)
à tel point que la peste est actuellement considérée comme une maladie réémergente
dans le monde. Cette tendance à l’augmentation peut être liée à la
fois à une augmentation réelle de la zoonose dans ses foyers naturels et à une
amélioration de la notification à l’OMS.
Malgré l’existence d’un traitement efficace et peu coûteux, la létalité reste
élevée surtout en Afrique (de l’ordre de 20% des cas confirmés). Elle est de
surcroît probablement sous-estimée en raison de la faiblesse des systèmes nationaux de surveillance.
Source: REH, OMS, 2003, 78: 130-135