" "1934 : Démonstration par François Estrade de la survie et du pouvoir infectant prolongé pendant plusieurs mois de Xenopsylla cheopis à l’état libre dans les poussières des cases." |
Cycles ruraux
Le rat noir Rattus rattus et les puces
Le rat noir, commensal de l’homme, a profité de la large répartition de celui-ci pour coloniser de très nombreux milieux. Il y rencontre la faune pulicidenne des autres micromammifères fréquentant ces biotopes.
Ainsi, les espèces de puces capturées sur les rats peuvent servir d’indicateurs des milieux fréquentés X. cheopis pour les habitations, S. fonquerniei pour les champs, S. estradei et les puces des genres Paractenopsyllus et Dinopsyllus pour les milieux forestiers.
Caractéristiques des cycles ruraux
La peste sévit par petites épidémies familiales touchant les villages ou hameaux (anadémies). La période de transmission d’octobre à avril coïncide avec la saison chaude et pluvieuse sur les Hautes Terres.Les cas humains ne doivent pas faire oublier que la peste est avant tout une maladie des rongeurs. A Madagascar, le rat noir, R. rattus (sous-famille des Murinae) est le principal réservoir. Chez ce rat, les épizooties pesteuses massives initiales se pérennisent sous formes d’épi-enzooties plus discrètes, du fait de l’acquisition d’une résistance relative des rats au bacille de Yersin. C’est ainsi que, dans les foyers récents ou re-émergents investigés (Ikongo en 1998, Amboditsiarivo en 1998, Anosibe-An'ala en 2002), on retrouve constamment des témoignages de fortes mortalités murines avant l’apparition de cas humains. (réf 260, 261)
Très rapidement à Madagascar, la limite altitudinale de 800 m de la peste dans les foyers ruraux a été remarquée par les médecins. Des transects altitudinaux pratiqués sur les pentes de Hautes Terres (Duplantier et al, in prep.) ont montré que seule la répartition de la puce endémique S. fonquerniei sur le rat noir était corrélée avec cette répartition (voir carte).
X. cheopis, très liée à l’homme par l’intermédiaire des rats commensaux, est responsable du passage de la peste du rat à l’homme, notamment dans les habitations. Elle est donc la cible des actions insecticides mais semble peu impliquée dans la pérennisation et la répartition des cycles ruraux de peste parmi les rats noirs à Madagascar.
Le potentiel de transmission des différentes espèces de puces dépend de plusieurs facteurs :
- leur comportement : un spectre d’hôtes très limité, une fixation à l’hôte quasi permanente, des piqûres prolongées et peu fréquentes ne vont pas favoriser les possibilités d’échanges de germes d’un hôte à l’autre.- leur abondance : une espèce très abondante, comme Pulex irritans, la puce de l’homme, même peu efficace, pourrait, éventuellement de manière mécanique, transmettre un germe. Cette éventualité rare et discutée est de peu d’importance épidémiologique à Madagascar.
- leur capacité à se bloquer : cette caractéristique dépend de l’espèce mais aussi de facteurs extérieurs tels que la température, le nombre de repas de sang ...
Synopsyllus fonquerniei et Xenopsylla cheopis
Ces 2 espèces de puces vectrices appartiennent à la sous-famille des Xenopsyllinae, d’origine africaine. Le genre Xenopsylla comporte près de 80 espèces dont plusieurs sont impliquées dans des foyers de peste à travers le monde.X. cheopis présente une large répartition inter-tropicale ; elle est très liée au rat noir, R. rattus, rongeur commensal de l’homme. Cette forte relation la rend très dangereuse par sa proximité et la possibilité de transmission de Y. pestis du rat à l’homme, notamment en cas de mortalité murine.
Le genre Synopsyllus est un genre endémique de Madagascar qui rassemble 5 espèces. Parmi ces espèces, c’est S. fonquerniei qui a été la plus souvent récoltée et étudiée. Elle est retrouvée en abondance dans la fourrure du rat noir ou dans ses terriers au niveau des plateaux et très impliquée dans la circulation de la peste au sein des populations murines rurales. Il a été démontré au laboratoire qu’elle transmettait la peste de manière efficace de rongeur à rongeur.
Cependant il est probable que d’autres espèces du genre puissent intervenir de manière focalisée au sein de biotopes forestiers, notamment S. estradei. (réf 272)
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Systèmes traditionnels de protection contre les rats
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Grenier sur pilotis - Grenier à cornières glissantes
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Stockage de maïs sur piquets
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Epuçage d’un petit mammifère par brossage du pelage
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Synopsyllus fonquerniei