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La transmission du virus SARS-CoV-2 au sein des ménages des premiers cas de COVID-19 à Antananarivo

Dès l’apparition des premiers cas de COVID-19 à Madagascar le 19 mars 2020, le gouvernement a mis en place des mesures restrictives pour empêcher la transmission de la maladie dans le pays. Pourtant, durant la première vague, de mars à septembre 2020, Madagascar a enregistré 5553 cas. Les ménages pourraient être parmi les plus à risque de transmission du virus SARS CoV-2, agent pathogène causant la COVID-19.   Toutefois, peu d’études ont décrit la transmission du virus SARS-CoV-2 au sein des ménages durant la première vague de la pandémie en Afrique subsaharienne. L’Institut Pasteur de Madagascar, à travers un financement de l’Organisation mondiale de santé (OMS) dans la région africaine, a mis en œuvre une étude 1 des premiers cas détectés à Antananarivo et de leurs contacts intra-domiciliaires pour caractériser les paramètres épidémiologiques de la COVID-19.

L’équipe de l’Institut Pasteur de Madagascar au cours d’un suivi au sein d’un ménage

De mars à juin 2020, 96 cas de COVID-19 confirmés et leurs contacts intra domiciliaires ont été suivis pendant 21 jours durant lesquels des prélèvements naso-pharyngés/oropharyngés et sanguins ont été périodiquement réalisés pour suivre l’évolution de l’infection par le SARS-CoV-2 chez les cas confirmés et détecter l’apparition de l’infection chez leurs contacts.

Le prélèvement oropharyngé et le prélèvement sanguin des patients

Parmi les 179 contacts dans les ménages qui ont accepté d’être suivis, 56 ont contracté une infection par le SARS-CoV-2. Ces résultats ont montré qu’une personne infectée par le virus SARS CoV-2 peut le transmettre à une ou deux personnes vivant dans le même domicile qu’elle dans une période de 7 jours. Le délai entre l’apparition des symptômes chez le cas confirmé et chez le contact était de 6 jours en moyenne, et la période d’incubation était estimée à 4 jours. Par ailleurs, nous avons observé que l’apparition des nouveaux cas de COVID-19 était plus fréquente chez les contacts les plus âgés.

Ces résultats sont probablement dus au fait que les recommandations sanitaires sont difficilement applicables dans les pays à faible revenu comme Madagascar, comme le port de masque dans les espaces partagés à domicile et la séparation physique avec la personne infectée, d’autant plus que les ménages malgaches occupent une surface moyenne de 26 m2 pour 4,8 individus par ménage en moyenne. Ainsi, la promiscuité dans les ménages contribuerait à la transmission du SARS-CoV-2, notamment chez les sujets âgés. Ces taux élevés de transmission observés au sein des ménages à Antananarivo soulignent la nécessité de renforcer les mesures préventives pour réduire la transmission communautaire.

1Household transmission of COVID-19 among the earliest cases in Antananarivo, Madagascar.

Ratovoson R, Razafimahatratra R, Randriamanantsoa L, Raberahona M, Rabarison HJ, Rahaingovahoaka FN, Andriamasy EH, Herindrainy P, Razanajatovo N, Andriamandimby SF, Dussart P, Shoenhals M, Randria MJDD, Heraud JM, Randremanana RV.

Influenza Other Respir Viruses. 2021 Aug 10. doi: 10.1111/irv.12896

Lien vers l’article : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/irv.12896