Interview

Portrait du mois – Mamitina Alain Noah RABENANDRASANA

« Nous vivons dans un monde où la pluridisciplinarité est indispensable pour progresser»

Coordinateur du sous projet One Health dans le projet BIRDY2, Noah, de son vrai nom, Mamitina Alain Noah RABENANDRASANA, prépare actuellement sa thèse en science intitulée : « Dynamique et évolution de la résistance aux antibiotiques des Escherichia coli (Ec-BLSE) à Madagascar et dans l’Océan Indien » qui a pour objectif de caractériser la diversité des Ec-BLSE circulant à Madagascar et dans l’Océan Indien (contexte régional) en combinant des approches de bactériologie conventionnelle, de génomique (techniques de séquençages de nouvelle génération NGS et de bioinformatique).

Inscrit à la faculté des Sciences de l’université d’Antananarivo, il a suivi un cursus en Sciences de la Vie et de la Terre. Il s’est ensuite spécialisé en biochimie fondamentale et appliquée pour finalement s’orienter vers la  bioinformatique qui est une science moderne et complémentaire à la biologie moléculaire.

Noah a rejoint l’Institut Pasteur de Madagascar en 2015 pour un stage en master 2 à l’unité de Bactériologie Expérimentale sur la résistance des bactéries aux antibiotiques, épidémiologie moléculaire des entérobactéries résistantes. Après son master, il a été recruté comme technicien de laboratoire. Pour lui, l’IPM compte parmi les instituts de recherches  à Madagascar qui offre les meilleures opportunités pour évoluer dans une carrière scientifique.

Par ailleurs, il avoue avoir eu quelques difficultés lorsqu’il a débuté sa profession : «…j’étais impliqué dans un projet de recherche international immédiatement après mes études mais grâce à  l’encadrement de mon chef d’unité, j’ai pu trouver rapidement mon autonomie et  poursuivre mon ascension professionnelle ». Comptant parmi les rares chercheurs qui travaillent sur le microbiote intestinal à Madagascar, il interagit avec l’IP Paris sur l’étude du développement du microbiote intestinal des nouveau- nés.

Le parcours du jeune chercheur se caractérise par la découverte du nouveau mécanisme de résistance au triméthoprime chez Stenotrophomonas maltophilia. D’autre part, la reconstruction des plasmides de résistances et l’étude du système CRISPR-cas9 chez Klebsiella pneumoniae par la technique d’assemblage hybride avec Nanopore et Illuminamarquera également sa carrière. C’est une approche innovante dans l’étude de la base génétique de la résistance aux antibiotiques. En effet, les plasmides et le système CRISPR-cas9 constituent des outils performants pour l’étude de la dissémination des gènes de résistance aux antibiotiques.   Dernièrement, la présentation d’un poster scientifique sur le nouveau mécanisme de résistance au cotrimoxazole au symposium de l’American Society for Microbiology à San Francisco (Californie) lui a valu une reconnaissance internationale. Il a notamment apporté sa contribution à la publication de quatre articles dont un en cours et de sept posters scientifiques.

A ce jour, Noah est célibataire si bien qu’il éprouve un sentiment d’attachement particulier pour sa famille dans laquelle il est l’aîné d’une fratrie de trois enfants. En outre, il s’intéresse, au développement de logiciels, à l’intelligence artificielle, à la science-fiction et aux jeux vidéo. Côté sport, bien qu’il n’en pratique pas, il apprécie le football.

Enfin, selon Noah, la persévérance et un esprit ouvert est le secret de la réussite. Son conseil pour les jeunes chercheurs est de ne pas se focaliser sur un unique domaine : « Nous vivons dans un monde où la pluridisciplinarité est indispensable pour progresser. »