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Rapport d’activités 2012

Sur le plan institutionnel, l’année 2012 a été marquée par la signature d’une convention liant l’IPM à l’Université de Toliara (Tuléar). Avec la convention qui le lie à l’Université d’Antananarivo et l’appartenance de certaines de ses équipes à l’Ecole doctorale de l’Université de Mahajanga, l’Institut continue ainsi à développer ses relations avec les Universités. L’objectif poursuivi est de contribuer au renforcement de la recherche académique au niveau national, à augmenter les possibilités de collaboration et à élargir le public des étudiants susceptibles d’effectuer des stages de Master ou de thèse à l’IPM.
L’IPM a créé en 2012 le premier comité d’éthique animale de Madagascar. Il est constitué de membres aux qualifications diverses, appartenant à l’IPM et à des Institutions externes (Faculté des sciences, services vétérinaires, associations), et est doté de règles de fonctionnement conformes aux recommandations internationales. Son président élu est le Pr. John Henri Rasambainarivo, Chef du Département de Médecine Vétérinaire, Faculté de Médecine, Université d’Antananarivo. Ce comité a pour vocation d’examiner tous les programmes de recherche impliquant des animaux vertébrés à l’IPM mais peut aussi examiner les projets d’institutions externes. Il a pour mission d’évaluer la qualité éthique des protocoles de recherche, d’améliorer le bien-être des animaux participant aux expérimentations animales et à l’enseignement, et de veiller au respect de la réglementation et des chartes éthiques, nationales et internationales en vigueur.
Sur le plan scientifique, l’année 2012 a été marquée par le développement de nombreux programmes de recherche dont les fiches descriptives constituent l’essentiel du présent rapport. Les études menées sur le terrain ont pris en 2012 une ampleur nouvelle. Le projet Zora (« Zoonoses des rongeurs : facteurs environnemental et socio-économique associés aux risques ») soutenu par le Wellcome Trust, l’Université de Floride, USA, le CDC et des fonds propres de l’IPM (projet interne) et impliquant cinq unités de l’IPM, repose sur l’analyse de données et de matériels biologiques humains et animaux collectés dans cinquante-quatre sites de vingt-sept zones à travers le pays sur Yersinia pestis, Leptospira sp, Ricketsia typhi, hantavirus et d’autres pathogènes (e.g. arbovirus,…). L’objectifs est de déterminer comment le climat, l’habitat et le paysage affectent la dynamique hôte-pathogène dans les populations humaines et de rongeurs pour une gamme de pathogènes à voies de transmission différentes. Il s’agit aussi d’évaluer l’importance relative des facteurs environnementaux et socio-économique pour le risque d’exposition humaine à ces pathogènes et de définir si les relations entre ces facteurs et les pathogènes varient. Ce programme permettra enfin de développer des modèles spatiaux pour identification des populations à haut risque.
Dans le domaine du paludisme, l’étude MEDALI doit reposer sur l’évaluation de l’efficacité opérationnelle (effectiveness) des mesures de lutte antipaludique et sur l’identification des facteurs qui la déterminent chez 15.000 habitants de 64 sites du pays. A cette occasion, des travaux d’anthropologie vont porter sur les connaissances, les croyances et les pratiques relatives au paludisme et à son contrôle. Ces travaux de recherche qualitative marquent le développement de capacités en sociologie et en anthropologie médicale à l’IPM.
Dans le cadre de ses activités de santé publique, les unités du paludisme, d’entomologie médicale et d’épidémiologie ont mené en 2012 une large investigation d’une épidémie de paludisme dans le Sud-Est du pays, une zone où la transmission du paludisme était supposée stable. La perte prématurée d’efficacité des moustiquaires imprégnées d’insecticide, des précipitations pluvieuses plus importantes, une diminution de l’immunité antipalustre qui a pu aboutir à une augmentation de la consommation d’antipaludiques, notamment chez des individus plus âgés que précédemment et les ruptures subséquentes de stocks d’antipaludiques ont contribué à cette épidémie. Comprendre et s’adapter à une épidémiologie du paludisme modifiée par l’impact important de la lutte sur la transmission et la prévalence du paludisme est un défi qui devra être relevé dans les prochaines années à Madagascar.
Depuis ses origines, l’IPM assure la fourniture gratuite de la vaccination antirabique postexposition à l’ensemble de la population de Madagascar. En 2012, une convention liant le Ministère de la santé, l’OMS et l’IPM a permis d’utiliser une subvention de la banque africaine de développement (BAD) pour le renforcement de la lutte contre la rage, en particulier en lançant des travaux de recherche opérationnelle en épidémiologie (surveillance épidémiologique, étude des déterminants des expositions à la rage et des recours aux soins) et en socio-anthropologie (approches qualitatives).
En 2012, le personnel de l’IPM a publié 46 articles dans des revues scientifiques référencées, à comité de lecture. Le nombre et la qualité des publications de l’IPM continuent donc à augmenter d’années en années. L’inscription, dans l’accord d’établissement, de la création d’une prime de production scientifique indexée sur l’impact factor des revues scientifiques dans lesquelles les articles sont publiés et sur le rang d’auteur, vise à encourager les chercheurs de l’Institut à publier leurs travaux dans les meilleures revues possibles et à améliorer leur qualité. Cette prime a été attribuée pour la première fois en 2012.