Présentation du projet et des objectifs
L’objectif de cette étude est de détecter avec une technique plus résolutive et plus sensible la présence de populations minoritaires de Plasmodium falciparum au pfcrt muté – le gène qui code pour la résistance à la chloroquine.
A Madagascar, la faible prévalence de P. falciparum au pfcrt muté et la faible fréquence d’échecs cliniques précoces au traitement par la chloroquine au cours des 25 dernières années sont une situation singulière malgré les 60 ans d’utilisation de cette molécule dans l’île. C’est une leçon de l’histoire naturelle du paludisme qui mérite d’être approfondie. L’hypothèse de départ est la suivante : “la circulation à bas bruit de variants minoritaires de P. falciparum au pfcrt muté précède la présence à des taux élevés de souches fortement résistantes à la chloroquine”. Une technique plus sensible est ainsi nécessaire pour améliorer la détection de parasites minoritaires porteurs de pfcrt mutés (< 5% de la population totale présente chez les patients au moment de l’établissement du diagnostic de paludisme).
Résultats préliminaires
Pour avoir les premiers résultats, permettant de fixer les idées, des ADN d’isolats de P. falciparum de Madagascar, collectés en 2002 et en 2004 ont été envoyés aux USA. Sur les 33 isolats de P. falciparum de J0 (avant le traitement par chloroquine), 1 (3%) contenait des parasites minoritaires au pfcrt mutés (24,5% de la population parasitaire totale chez le patients). Mais, ces mutants n’ont pas été retrouvés dans l’isolat de J14 malgré l’échec du traitement. Sur les 30 isolats de P. falciparum recrudescents, 4 (13,3%) contenaient des parasites au pfcrt muté dont 3 (10%) avec des mutants minoritaires (< 5% de la population parasitaire totale chez les patients).
Ces résultats confirment la rareté de souches de P. falciparum au pfcrt muté à Madagascar. Ce qui est en contraste avec le reste de l’Afrique de l’Est et les Comores.