Institut Pasteur de Madagascar

Recrudescence des cas d’infections respiratoires aiguës dans les hôpitaux d’Antananarivo

Au début du mois de mars, le Ministère de la Santé a fait appel au Centre National de Référence pour la Grippe de l’Institut Pasteur de Madagascar pour identifier la cause de la recrudescence des cas d’infections respiratoires aiguës hospitalisées notamment à l’Hôpital Universitaire Mère- Enfants Tsaralalana (HUMET). L’investigation a démontré que cette recrudescence était en partie due à la circulation dans la population générale du Virus Respiratoire Syncytial (VRS), ainsi que du métapneumovirus humain (hMPV). Ces deux virus sont les causes principales des cas de bronchiolite chez l’enfant. Ainsi à l’HUMET, sur les 21 enfants testées, ces deux virus ont été identifiés dans 67% des cas hospitalisés avec (VRS=52%  et hMPV=19%).

 

Il est recommandé aux familles d’éviter les contacts trop étroits entre une personne malade et un jeune enfant (photos d’archives).

 

« C’est une épidémie récurrente, mais pas majeure »

Le responsable du Centre National de Référence pour la Grippe, Dr Jean-Michel Heraud, qui a mené cette investigation, tient à souligner que cette recrudescence des cas de bronchiolite telles que rapportée dans la presse ne signifie pas qu’Antananarivo connaisse une épidémie majeure. En effet, les virus respiratoires et notamment le VRS circulent chaque année à Madagascar avec plus ou moins d’intensité provoquant ce que les spécialistes appellent des épidémies récurrentes ou saisonnières. Les conditions socio-économiques actuelles aggravées par des évènements climatiques telles les inondations ont pu conduire certaines familles à vivre dans des conditions sanitaires et de promiscuité favorisant la circulation de virus respiratoires et augmentant les risques d’aggravation et donc d’hospitalisations. La recrudescence actuelle n’est donc pas exceptionnelle. Il est cependant important de maintenir des règles d’hygiènes de base pour éviter la transmission de ces virus chez les jeunes enfants plus à risque de faire des formes graves de la maladie.

Pour éviter la transmission de ces virus, il est recommandé aux familles de se laver régulièrement les mains, d’éviter les contacts trop étroits entre une personne malade et un jeune enfant et de ne pas envoyer un enfant fiévreux, avec ou sans toux, à l’école. Il n’existe pas de traitement spécifique contre ces deux virus mais les symptômes et notamment la fièvre, doivent être traités. A cause des risques d’aggravation et d’infections secondaires par des bactéries, il faut toujours consulter un médecin en cas de fièvre durant plus de 24 heures et éviter l’automédication par des antibiotiques qui peuvent être inadaptés voire qui peuvent aggraver la maladie.

A propos des virus VRS et hMPV

Le VRS est l’un des principaux virus responsable d’ infections respiratoires aiguës nécessitant une hospitalisation chez les enfants de moins de 5 ans. L’incidence du VRS est très élevée parmi les enfants de moins de 1 an. Sur le plan communautaire, nous avons trouvé lors d’études récentes que le VRS est associé aux infections pseudo-grippales dans plus de 20% des cas [1].

Le VRS est aussi une cause non négligeable de décès chez les enfants de moins de 5 ans. A l’échelle mondiale, Il a été estimé que ce virus est responsable de 33,8 millions d’infections respiratoires sévères chez les enfants dont 96% des cas survenant dans les pays en voie de développement. On estime aussi le nombre de décès annuel chez les jeunes enfants entre 53 000 et 199 000 [2].

Le métapneumovirus (hMPV) constitue la deuxième cause de bronchiolite après le VRS. S’agissant d’un virus très proche du VRS, les symptômes cliniques ne sont pas différenciables de ceux du VRS. Comme pour le VRS, le hMPV infecte surtout les enfants de bas âges avec un âge moyen autour de 32 mois. Chez les enfants hospitalisés, la prévalence de l’infection à hMPV est de l’ordre de 2,3 à 17.5% suivant les études [3].

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