Transfert de connaissances

Epidémie de COVID-19 à Madagascar : description clinique et résultats biologiques de mars à septembre 2020

Vers la fin de l’année 2019, une nouvelle maladie infectieuse a émergé dans la ville de Wuhan, en Chine. Cette maladie, dénommée COVID-19, s’est vite répandue dans d’autres villes du monde en 2020 et l’Organisation Internationale de la Santé (OMS) a déclaré « une pandémie » le 11 mars 2020.   Pour mitiger la propagation de la maladie, les pays ont adopté des mesures restrictives (fermeture de frontières, limitation des déplacements, …). Des mesures barrières ont aussi été mises en place (distanciation sociale, lavage fréquent des mains au savon et/ou avec des solutions hydroalcooliques, port de masques, …). De même, il s’avérait très important d’identifier les personnes porteuses du virus causant la maladie-le SARS-CoV-2, de les isoler ainsi que leurs éventuels contacts pour arrêter la chaîne de transmission.

A Madagascar, l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM), à travers Le centre National de Référence de la Grippe (CNRG), a pu mettre en place le diagnostic de la COVID-19, en utilisant la méthode RT-PCR dès janvier 2020. Le premier cas de COVID-19 à Madagascar a été identifié par l’IPM chez une personne venant de l’Europe le 19 mars 2020. Malgré les mesures restrictives prises par l’Etat, un premier cas autochtone a été détecté 5 jours après dans la ville d’Antananarivo. De là, la maladie a été détectée dans d’autres villes du pays. Grâce aux échantillons biologiques reçus par le CNRG, en vue d’un diagnostic de la COVID-19, les chercheurs de l’IPM, notamment de l’unité d’Epidémiologie et de recherche clinique et de l’unité de virologie, ont pu suivre l’évolution de l’épidémie à Madagascar de janvier à septembre 20201.

Parmi les 26 415 personnes testées à l’IPM durant cette période, 5553 (21%) ont été testées positives au virus SARS-CoV-2. La moitié des personnes infectées étaient âgées de moins de 39 ans et 56,6% ne présentaient pas de symptômes. Les symptômes fréquemment observés étaient la toux, la fièvre et la fatigue. Les résultats d’analyse de ces données ont aussi montré que l’épidémie est apparue en premier lieu dans la ville portuaire de Toamasina (fin avril à début juin 2020), puis par la suite à Antananarivo (juin à mi-septembre 2020). De plus, le séquençage des génomes de quelques souches a montré que le virus a été introduit plusieurs fois à Madagascar. La stratégie de dépistage  mise en place a permis de suivre l’évolution de l’épidémie au cours de cette première vague. En revanche, il est important de renforcer le diagnostic de la COVID 19 dans le pays afin de se préparer à d’autres vagues d’épidémie.

1 The COVID-19 Epidemic in Madagascar : clinical description and laboratory results of the first wave, March-September 2020. Randremananana R, Andriamandimby SF, Rakotondramanga JM, Razanajatovo N, Mangahasimbola R, Randriambolamanantsoa T, Ranaivoson H, Rabemananjara H, Razanajatovo I, Razafimandresy R, Rabarison J, Brook C, Rakotomanana F, Rabetombosoa R, Razafimanjato H, Ahyong V, Raharinosy V, Raharimanga V, Raharinantoanina S, Randrianarisoa M, Bernardson B, Randrianasolo L, Randriamampionona L, Tato C, Derisi J, Dussart P, Vololoniaina M, Randriatsarafara F, Randriamanantany Z, Heraud JM. Influenza Other Respir Viruses. 2021 Jan 15. doi : 10.1111/irv.12845. Lien vers l’article : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/irv.12845