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Fièvre de la Vallée du Rift – une équipe pluridisciplinaire au cœur d’une mission d’investigation

Une équipe de virologues, d’épidémiologistes et d’entomologistes de l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM) et du Ministère de la Santé Publique a mené une mission conjointe d’investigation des cas de Fièvre de la Vallée du Rift (FVR), du 22 avril au 6 mai 2021, à Mananjary, région Vatovavy Fitovinany.

Les missionnaires en route pour rejoindre les villages

Visite de courtoisie de l’équipe au Dr Germain Rakotozafy, Directeur Régional de la Santé de la région Vatovavy Fitovinany

A Madagascar, une épizootie (épidémie qui frappe les animaux) de FVR a été déclarée par le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche le 2 avril 2021. Des cas de FVR ont été observés dans le cheptel bovin d’au moins cinq régions de Madagascar : Atsimo Andrefana, Diana, Atsimo Atsinanana, Alaotra Mangoro et, la région la plus touchée, Vatovavy Fitovinany. La circulation du virus de la FVR a été confirmée par l’Unité de virologie de l’IPM grâce à des analyses effectuées à Antananarivo sur des échantillons envoyés des cinq régions.

Le virus de la FVR peut être transmis à l’homme par piqûres de moustiques infectés ou par contact direct avec du sang ou des organes d’animaux contaminés. Les personnes infectées peuvent être asymptomatiques, présenter une forme bénigne ou une forme grave.

Une mission d’investigation réalisée grâce à l’appui financier de l’USAID dans le cadre du projet RISE (Recherche, Innovation, Surveillance et Innovation), a donc été organisée avec l’objectif de documenter la situation au niveau du district de Mananjary afin d’évaluer les risques de transmission à l’homme et de proposer des mesures de prévention et de lutte adaptées.

Les équipes de l’IPM et du Ministère de la Santé Publique ont été appuyées par les responsables des centres de santé de base (CSB) concernés, les maires et les agents vétérinaires locaux. Elles ont mené des enquêtes épidémiologiques (recherche de cas) au niveau de la population humaine et de la population bovine, des analyses virologiques et une enquête entomologique. Elles ont aussi effectué une sensibilisation de masse concernant la prévention des infections humaines à FVR et une formation des Chefs des CSB et des Agents Communautaires sur la surveillance des maladies.

Au total, 103 individus suspectés de FVR par les responsables des CSB ou ayant été en contact direct avec les animaux suspects ou confirmés de FVR ont été contactés et des tests diagnostiques du paludisme (TDR) et de la FVR leur ont été proposés. Une partie des analyses par RT-PCR pour la recherche d’infection récente par le virus de la FVR a été effectuée sur place dans le laboratoire mobile de l’IPM et les résultats des analyses étaient disponibles en quelques heures. Ainsi, l’équipe de l’Unité de virologie de l’IPM a pu diagnostiquer trois cas humains de FVR sur 103 individus dont les échantillons sanguins ont été testés sur place. L’analyse du reste des échantillons sera effectuée à l’IPM. L’équipe du Ministère de la Santé Publique a assuré la prise en charge des patients confirmés de FVR. Par ailleurs, parmi les 103 personnes testées pour le paludisme, 23 étaient positives et ont bénéficié d’une prise en charge adéquate selon les recommandations du Ministère de la Santé Publique.

Des collectes de moustiques à leurs différents stades de développement ont été effectuées par l’équipe de l’Unité d’entomologie médicale de l’IPM dans trois fokontany dont le choix a été dicté par les résultats des enquêtes épidémiologiques et des études virologiques. Au total, 2806 moustiques adultes, appartenant à plus d’une vingtaine d’espèces, ont été collectés de jour comme de nuit à l’intérieur ou à l’extérieur des habitations à l’aide de différents systèmes de piégeage. Des moustiques connus pour être vecteurs avérés ou suspectés de la FVR à Madagascar ont été identifiés, parfois en densités importantes.

Des analyses supplémentaires sur les données épidémiologiques recueillies et les moustiques collectés sont en cours à l’IPM afin de pouvoir formuler des recommandations pour orienter les stratégies de riposte à l’épidémie.