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Lutte contre la peste : publication des résultats sur la sensibilité des puces aux insecticides dans les prisons

En 2012, une étude sur la résistance des puces aux insecticides a été menée au niveau de six centres de détentions dans tout Madagascar, dans le cadre d’un Programme d’Assainissement dans ces centres. Une étude qui a aussi été  réalisée par rapport aux conditions d’hygiène et sanitaire des prisonniers, pouvant les exposer à un risque plus important de peste.

Des équipes de la Brigade Anti-Rat (BAR) au sein du Ministère de la Santé Publique (MinSan) sont intervenues sur terrain pour appuyer la dératisation et la désinsectisation au sein des prisons, sous la supervision technique de l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM) et en collaboration avec la Comité internationale de la Croix Rouge (CICR). Les puces des rats ont été collectées et testées au laboratoire d’Entomologie Médicale de l’IPM, dans le but d’évaluer la sensibilité des puces aux insecticides. Douze insecticides ont été testés selon le protocole recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé. Cette étude a menée à la conclusion que les puces vectrices de la peste récoltées auprès de la prison d’Antanimora (dans la capitale) ne sont plus sensibles à aucun de ces insecticides ; tandis que celles des autres prisons sont moyennement sensibles à cinq insecticides. La résistance des puces de rat aux insecticides pourrait compromettre la lutte contre les vecteurs, qui est un des moyens déployés en réponse à une épidémie de peste bubonique. Aussi, il est recommandé de  continuer à surveiller la sensibilité des puces aux insecticides afin d’identifier l’insecticide efficace à utiliser pour lutter contre les puces. Il est à noter que les mécanismes conférant la résistance des puces aux insecticides sont encore mal-connus, et mériteraient d’être étudiées, afin d’optimiser l’utilisation de ces insecticides et gérer la résistance des puces aux insecticides.

Ces recherches permettront d’émettre des recommandations  au Ministère de la Santé Publique, afin de s’orienter vers des mesures à prendre et les actions les plus adaptées dans la lutte contre la peste.

Ce programme de dératisation  dans les prisons était un programme piloté par l’Unité Peste de l’IPM en partenariat avec le Ministère de la Santé Publique (MinSan) et le Ministère de la Justice (MinJus), avec la collaboration du Comité Internationale de la Croix Rouge (CICR), un financement de l’Ambassade de Suisse (771.22.00-1-MAE/RML).